03.10.2006

Le PS a son tiercé

Voilà, après quelques mois de suspense, le Parti socialiste a enfin ses trois candidats à la candidature :

- Dominique Strauss-Kahn, 57 ans, ancien ministre de l'Economie (1997-1999), député du Val-d'Oise [voir son blog]
Points forts : pragmatique, reconnu et apprécié par les dirigeants d'entreprise, une très bonne maîtrise des problématiques économiques, n'est pas énarque.
Points faibles : une image de libéral qui lui colle à la peau, l'affaire Mnef (dont il est pourtant sorti blanchi).

- Ségolène Royal, 53 ans, ancienne ministre déléguée à la Famille (2000-2001), président du Conseil régional de Poitou-Charentes [voir son site]
Points forts : son sexe, l'attitude des journalistes à son égard, incarne une nouvelle génération, une certaine expérience du terrain, des idées sociales assez consensuelles et qui rassurent la droite.
Points faibles : son sexe (encore), n'a jamais occupé un grand ministère, ne veut pas s'exprimer sur certains sujets importants (la question corse, par exemple)

- Laurent Fabius, 60 ans, ancien Premier ministre (1984-1986), ancien président de l'Assemblée nationale (1988-1992 et 1997-2000), ancien ministre de l'Economie (2000-2002), député de Seine-Maritime [voir son blog]
Points forts : son expérience, son choix gagnant pour le non au référendum sur le TCE
Points faibles : veut désormais se faire passer pour un "gaucho" alors qu'il a toujours été un social-libéral bon teint, son implication dans l'affaire du sang contaminé (il a pourtant été blanchi).

21.09.2006

Dans les coulisses du pouvoir

medium_18653784.jpgLe pouvoir rend fou. On le savait. Et c'est ce que s'attache à démontrer, entre autres, Lionel Delplanque dans "Président", avec Albert Dupontel. Sans être le film de l'année, celui-ci a deux mérites.

Premièrement, celui d'exister. En ces temps de pré-campagne présidentielle, l'Elysée vu des coulisses, il fallait oser. Nous guettons tous les petites phrases des représentants de l'exécutif, les anecdotes croustillantes qui ont lieu loin des caméras, les engueulades monumentales entre ministres que rapporte chaque semaine Le Canard Enchaîné. C'est justement cet envers du décor que l'on nous propose de découvrir ici. Celui-ci reflète-t-il réellement la réalité ? La question mérite d'être posée. Mais seul un petit cénacle d'élus connaît la réponse.

Deuxième mérite : des acteurs qui jouent juste. Delplanque a réuni devant sa caméra les représentants de trois générations, et pas les moins talentueux : de l'inusable Claude Rich (qui campe ici un vieux briscard des alcoves feutrées de la République, mentor de Dupontel... bref, l'équivalent de Jérôme Monod pour Chirac) au couple Mélanie Doutey/Jérémie Renier (elle : fraiche, spontanée sans tomber dans la miévrerie ; lui : qui assure à la fois dans le registre du jeune premier naïf et dans celui du jeune loup aux dents qui rayent le parquet). Sans oublier Albert Dupontel, toujours aussi impeccable dans le cynisme ; dans ce rôle, on se plaît à le haïr, mais au fond on ne demande qu'à l'admirer.

Mais le film pèche un peu par ses dialogues, par moment assez creux. Il y avait pourtant tant à dire.
En résumé : bons acteurs, bon sujet... mais qui auraient pu être encore mieux exploités avec un peu plus de travail dans l'écriture.

Note personnelle : 6/10

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